Vigipol - Syndicat mixte de protection du littoral breton
dernière mise à jour : 10/03/2010
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Hommage à Jean-Baptiste HENRY

Jean-Baptiste Henry s’est éteint le 3 août 2009. Instigateur et fer de lance du syndicat Amoco, il a su, pendant plus de vingt ans, organiser le combat contre les pollueurs, susciter et entretenir la révolte des élus bretons pour défendre notre littoral et structurer une organisation pérenne, aujourd’hui devenue Vigipol, pour empêcher les responsables du transport maritime de « polluer en rond ». Acteur majeur de la vie politique bretonne, Jean-Baptiste était aussi un passionné d’art. Les poèmes et sculptures qu’il laisse derrière lui, tout comme ses articles scientifiques, témoignent de sa culture et de son ouverture d’esprit. Un patrimoine qu’il nous revient de faire perdurer aujourd’hui …
 

Elements biographique sur Jean-Baptiste

Extrait du livre d'Yvon ROCHARD, "L'affaire Amoco" :

          Jean-Baptiste Henry est le fils de l’ancien maire centriste de Langoat, un agriculteur bachelier, teilleur de lin, proche du Centre droit de René Pléven. En 1962, l’étudiant en géographie rédigera d’ailleurs un texte sur la situation inquiétante de cette activité dans le Trégor, que l’abbé Bourdellès remettra, parmi d’autres, au général De Gaulle venu, à Lannion, inaugurer le Cnet.
          Il avait été éveillé à la politique par ce prêtre, professeur à l’Institution Saint-Joseph de Lannion qui marquera toute une génération de Trégorrois. Un de ceux qui défrichèrent un concept nouveau qui allait s’épanouir en Bretagne : le développement local. Par Edouard Ollivro également, député démocrate-chrétien, puis, plus tard, en faculté, par le géographe et militant socialiste Michel Phliponneau . Tous partisans actifs de la décentralisation, tous impliqués dans la démarche du Célib.
          Quelques années plus tard, il soutient une thèse de géographie sur l’industrie laitière en Bretagne. C’est l’époque où s’amorcent les grandes transformations économiques et sociales, celle où son père se reconvertit dans l’aviculture. Un père qui ne tentera pas de dissuader son fils de se présenter aux élections législatives de 1968 contre Pierre Bourdellès, un fidèle de René Pléven, et sous les couleurs du P.S.U. !
          Le fil rouge de son engagement est déjà bien visible ; c’est le développement local. Il entre à la station d’économie de l’Inra par la petite porte, nommé provisoirement sur un poste d’ingénieur. Malgré sa compétence en économie rurale, importante dans ces années charnières pour l’agriculture bretonne, il ne s’intégrera jamais vraiment à ce grand institut. C’est sans doute qu’il n’est pas homme d’organisation, de système, d’appareil, que son indépendance intellectuelle le place aux marges, sans pour autant le marginaliser. « Je voulais, dit-il, faire de la géographie appliquée ». Il noue des relations avec les paysans-travailleurs, participe à leurs côtés à des réunions publiques, dans le Morbihan notamment où Raymond Marcellin, président du conseil général et ministre de l’Intérieur, n’apprécie pas qu’un membre d’un centre de recherche public se compromette auprès d’un syndicat contestataire et s’empresse de le faire savoir à la direction de l’Inra.
          La politique aussi, il la veut appliquée. Il est élu, en 1977, conseiller d’opposition à Plouguiel  sur une liste d’union de la gauche : « J’ai trouvé ça très intéressant, décapant par rapport aux débats d’idées… On peut, assure-t-il, faire des choses intéressantes sans un grand pouvoir, sans l’appui d’un appareil, sans courir les mandats. Il s’agit d’utiliser le levier au bon endroit. » C’est ce qu’il va faire au printemps 78 en jouant un rôle moteur dans la création du comité de vigilance.
          D’emblée, le chargé de recherche de l’Inra, qui s’est progressivement éloigné du P.S.U, consacre beaucoup de temps à ce comité puis au syndicat. Il s’épuise à tenter de concilier sa vie professionnelle et son engagement dans l’affaire Amoco, dans laquelle est venue interférer celle du Tanio. Il est à bout de souffle lorsque son employeur, accepte, enfin, en 1984, de le mettre, pour un an, à disposition du syndicat. Une année, au pire deux, c’est la durée que les élus, comme le laissent entendre leurs avocats, prévoient pour mener à terme l’action engagée. Jean-Baptiste Henry restera à la disposition du syndicat pendant… près de vingt ans!

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