Vigipol - Syndicat mixte de protection du littoral breton
dernière mise à jour : 01/02/2008
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La marée noire de l'Erika

Fiche d’identité de l’Erika

Type de navire

Pétrolier simple coque à ballasts séparés

Construction

Kasado Dock Co Ltd (Japon) 1975

Cargaison

31 000 T de fuel lourd

Pavillon

Maltais

Propriétaire

Tevere Shipping (Malte)

Société de classification

RINA

P&I Club

Steamship Mutual Underwriting Association

Affréteur du voyage

TotalFina


Rappel des éléments techniques :

*   19 800 tonnes du fuel s’échappent du pétrolier et souillent 400 Kms de côtes

*   11 100 tonnes restent prisonnières de la coque et seront pompées entre juin et septembre 2000

*    260 000 tonnes de déchets (210 000 tonnes d’hydrocarbures en mélange avec du sable et des algues + 50 000 tonnes de matériel et de vêtement souillés)

*    traitement des déchets à Donges (44) achevé en décembre 2003, le site est démantelé le 4 octobre 2004

 

 

Conséquences écologiques :

- L’analyse et le suivi de la pollution sont effectués par de nombreuses organisations scientifiques (Cedre, Conservatoire de botanique de Brest, CNRS, universités) dont les travaux sont coordonnés par l’IFREMER

- Conséquences sur le milieu :

~ Certains secteurs côtiers se sont « enrichis » d’algues rouges inexistantes avant la catastrophe

~ Il y a eu peu de dommages apparents sur les poissons  et les crustacés

~ 75 000 à 150 000 oiseaux ont été touchés

~ Les échantillons d’eau de mer portent, 5 ans après la catastrophe, la signature du pétrole de l’Erika

 

Point sur les indemnisations :

RAPPEL : une étude réalisée par le cabinet Mazard et Guérin à l’initiative des trois régions (Bretagne, Pays de Loire et Poitou-Charentes) évalue les dommages et préjudices du littoral à 915 millions d’euros.

 

  • Il y a eu 6 956 demandes d’indemnisations (collectivités, professionnels, associatifs et particuliers).

~ 6581 demandes ont été prises en compte (95%) par le FIPOL en fonction de ses propres critères de recevabilité

~ 99 millions d’euros[1] sont attribués à 5 574 demandeurs

~ 375 demandes portant sur 20 millions d’euros sont en cours d’évaluation

~ 795 demandeurs ont engagé une procédure en justice afin de conserver leurs droits. Parmi eux, 393 sont en cours de négociation amiable avec le FIPOL et 402 attendent que les tribunaux tranchent leur litige avec le FIPOL

~ sur les 190 millions d’euros engagés par l’Etat français dans la gestion de la pollution de l’Erika, seulement 16 millions lui ont été reversés

~ TOTAL a peu de chance de récupérer le moindre remboursement sur les 170 millions d’euros engagés dans cette affaire. (Rappel : un accord intervenu entre les différentes parties précises que sont remboursées en priorité les victimes autres que l’Etat et TOTAL ; ensuite, en fonction des possibilités du FIPOL et de l’assurance de l’armateur (FIPOL=171M € + CLC=14 millions d’euros), c’est l’Etat qui sera dédommagé et enfin, s’il reste de l’argent, ce sera la société TOTAL.)

 

 

Procédure ERIKA :

  • La juge Dominique de Talancé clôturait au mois de mars 2004 l’instruction de l’affaire ERIKA dans laquelle l’expertise réalisée sur la coque du navire mettait en évidence la présence de fissures visibles qui impliquaient de fait la responsabilité de TOTAL qui avait affrété le navire
  • TOTAL se défendait en soumettant une expertise contraire du tribunal de commerce de Dunkerque qui imputait l’accident à une dégradation des structures du navire, a priori indécelables exonérant de fait TOTAL de toute responsabilité
  • Entre temps, l’Autorité Maritime de Malte évoquait son immunité d’Etat souverain pour échapper à toute poursuite
  • Le 10 janvier dernier, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris entendait la requête du procureur de la République de Paris qui réclamait une nouvelle expertise de la coque de l’ERIKA. La décision a été mise en délibéré au 21 février prochain
  • Le 21 février, le cour confirme l’ordonnance du juge d’instruction, c'est-à-dire qu’il n’y aura pas de nouvelle expertise, ce qui signifie que l’instruction est définitivement close et que l’affaire va pouvoir être jugée.

 

Source : FIPOL



[1] Concernant les 99 millions d’euros prévus pour les victimes, il existe un litige sur la validité des négociations entre le FIPOL et les victimes. C’est le tribunal de commerce de RENNES qui doit trancher ce différend.

 

 

Lien vers le dossier Erika du journal Ouest France

 

 

La marée noire du Prestige

Fiche d’identité du Prestige

Type de navire

Pétrolier simple coque

Construction

Hitachi Zosen-Maizuru (Japon) 1976

Cargaison

77 033 T de fuel lourd

Pavillon

Bahamas

Propriétaire

Société Mare Shipping Inc (Libéria)

Société de classification

American Bureau of Shipping

P&I Club

London Steamship Association

Affréteur

Ressource Investissement

Quelques chiffres clés :

  • le Prestige contenait environ 77 000 T de pétrole dont 40 000 se sont échappés des cuves. Il reste donc 37 000 T qui vont s'écouler pendant des années
  • 700 kg à 1 tonne de pétrole s'échappent chaque jour, selon l'IFREMER
  • les 37 000 T contenues dans les cuves gisent par 3 800 m de profondeur. Le groupe pétrolier espagnol Repsol, chargé de résoudre le problème de l'épave, n'a pas pris de décision
  • Le coût estimé du pompage des cuves est compris entre 50 et 100 millions de dollars
  • "au 3 juillet 2003, 264 procédures avaient été dressées sur le littoral français, d'Hendaye au Cotentin, mais 14% des hydrocarbures analysés ne provenaient pas du Prestige" a annoncé le procureur de la République de Brest

          Un peu plus de deux après le naufrage qui a provoqué la pire marée noire jamais connue par l'Esapgne, 5 personnes ont été mises en cause dont le Directeur des opérations d'Universe Maritime, l'armateur grec et le commandant grec du navire. Aucune n'est inculpée à ce jour.
          Le gouvernement espagnol a aussi porté plainte contre la ABS, la sociétéchargée de certifier l'état du pétrolier.

Lien vers le dossier Prestige du journal Ouest France

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